Éditorial, mai 2010. Une crise peut en cacher une autre

Une crise peut en cacher une autre. Quel apport de la théorie des modèles productifs?, tel est le titre d'une communication préparée pour le Congrès de l'Association Latino-Américaine de Sociologie du Travail, à Mexico le mois dernier. Un nuage islandais a empêché que je présente moi-même cette communication! Un collègue mexicain, organisateur de la table-ronde, a bien voulu le faire à ma place. Qu'il en soit à nouveau remercié, ici-même. La crise automobile actuelle, qui se manifeste par une chute de près de 20% de la production automobile mondiale depuis 2007 malgré la poursuite de la croissance spectaculaire du marché chinois (voir la mise à jour du tableau-graphique La production automobile mondiale, 1898-2009), accélère la transition vers la "voiture (plus) propre", probablement électrique. Cette transition, qui se fait moins pour des raisons écologiques et techniques que parce qu'elle permettra la relance de la profitabilité du secteur automobile dans un contexte d'augmentation tendancielle du prix du pétrole, va bouleverser la structure, la géographie, les acteurs, l'emploi, les qualifications, la géo-politique de cette industrie. La crise à venir est celle de firmes et de pays qui sont actuellement parmi ceux qui produisent des automobiles.