Editorial, Juin 2006. "La division capitaliste du travail" mis en ligne

La division capitaliste du travail est aujourd’hui entièrement téléchargeable sur ce site. Cet ouvrage est depuis longtemps difficilement accessible. Issu d’un rapport de recherche publié une première fois au CSU en 1974, il l’a été une seconde fois par La Documentation Française en 1975 et une troisième par Savelli en 1977, sous des titres différents. Il a été l’expression en France, avec quelques autres livres, d’un courant de recherche mettant en question, non seulement le taylorisme abusivement généralisé depuis à l’ensemble de l’industrie de l’époque, mais le type même de division du travail qui s'est développé dans le cadre du rapport capital-travail. Il y est montré que la division intellectuelle du travail est consubstantielle à ce rapport social et qu’elle agit à travers, non seulement les choix organisationnels, mais aussi et surtout à travers les choix techniques, notamment avec l’automatisation de la production et des services. Ce processus se traduit par la déqualification du travail attribué au plus grand nombre et la « surqualification » du travail confié à un petit nombre. Il a de multiples implications, particulièrement sur le marché du travail, la répartition spatiale des emplois et l’enseignement scolaire et universitaire.

La même année, en 1974, étaient publiés Labor and Monopoly Capital de Harry Braverman aux États-Unis, les articles de l'historien David Montgomery sur le contrôle ouvrier au début du siècle, les travaux des sociologues Kern et Schumann en Allemagne, et un peu plus tard L’atelier et le chronomètre de Benjamin Coriat, etc. La thèse développée a semblé ensuite être remise en cause par l’émergence du système de production japonais, qui a été présenté comme résolvant à la fois la crise de productivité et la crise du travail des années 70. Les recherches de terrain sur les « nouvelles organisation du travail » et sur les nouveaux modèles productifs, que l’on trouvera en grand nombre sur ce site, et la crise qu’ont connue nombre de firmes japonaises ont depuis déssillé les yeux de beaucoup. « La division capitaliste du travail » demeure, me semble-t-il, une source utile d’inspiration pour de nouveaux travaux.

Durant le mois de mai, tout comme le mois précédent, de nombreux autres textes ont été mis en ligne: 13 au total, auxquels il faut ajouter 4 documents d’enquête, 5 pages de présentation d’articles non téléchargeables et la traduction de 8 pages de présentation en anglais, espagnol et italien. La liste détaillée de ces nouveautés est donnée à l’entrée « nouveautés du mois – nouveautés de mai 2006 ». L’ensemble des textes concernant Volvo-Uddevalla, l’usine sans chaîne, sont maintenant installés sur le site. Il reste à introduire un diaporama en cours de finition, qui, en une soixantaine de photos, décrit le processus de production particulier à cette usine. Parmi les autres textes, mentionnons “Émergence de nouveaux modèles industriels. Problématique et démarche d’analyse”, qui a joué un rôle important dans la création de la possibilité d’un travail de recherche coopératif international et interdisciplinaire sur les modèles productifs, au sein du GERPISA. Il peut être utilisé aussi comme exemple d’un outil de clarification conceptuelle indispensable à la construction d’un programme d’enquête.

Après l’accélération brutale de la fréquentation du site au mois d’avril, un mois après son ouverture, à la suite de sa présentation dans Liens Socio, une diminution était attendue en mai. Eh bien finalement non. La fréquentation a même légèrement augmenté : 1590 visiteurs différents au lieu de 1493 en avril, 2131 visites au lieu de 1857, 13.384 pages ouvertes au lieu de 12.767, 481 textes téléchargés au lieu de 261. Le nombre moyen de visites par jour a été de 69 en mai, contre 62 en avril.

À ce trafic dit « viewed » pour lequel on a les statistiques détaillées ci-dessus, s’en ajoute un autre dit « not viewed », dont je n’ai pas encore bien compris à quoi il correspondait. En termes de pages ouvertes, seule information donnée sur ce trafic par l’hébergeur du site, il est plus important que le trafic « viewed » : 20.919 pages ouvertes en avril, 15.982 en mai.

En attendant d’obtenir les précisions demandées, il convient de retenir que la réalisation d’un site personnel offre incontestablement au chercheur un moyen incomparable de diffusion de ses travaux. Je ne saurai trop recommandé au jeune chercheur de créer sans tarder leur propre site. Car le travail de mise en ligne de textes écrits pendant quarante années de carrière est important, dès lors que l’on veut qu’ils répondent à un minimum de règles communes de présentation. Il est encore plus lourd si l’on introduit également les documents d’enquête. Il n’est donc pas trop tôt pour s’y mettre.

Le site présente encore de nombreux petits défauts, que l’on s’efforcera de supprimer progressivement. Mais il en est un, gênant et agaçant. Il arrive que l’image fréquemment incrustée en tête des pages de présentation des textes et documents, pour en agrémenter la lecture et donner à voir le type de publication concernée (couvertures de livre ou de revue, tableau statistique, etc.), soit n’apparaît pas, soit, plus ennuyeux, est remplacée par l’image d’une autre page ! La cause de cette instabilité reste inconnue.