Éditorial, août 2006. Le Monde qui a changé la machine. Un essai d'interprétation de l'histoire des firmes automobiles

Au cours du mois de juillet, des textes préparatoires à un ouvrage en projet depuis de longues années avec Robert Boyer ont été mis en ligne. L’ouvrage s’intitulera probablement « Le monde qui a changé la machine. Un essai d’interprétation de l’histoire mondiale des firmes automobiles ». Ces textes sont pour l’instant au nombre de quatre. Il en reste dix, qui seront mis en ligne en août et septembre.

Pourquoi publier ces textes, qui datent pour les plus récents de 1999 ? D’abord parce qu’ils ont, chacun, un intérêt en eux-mêmes. Le premier traite du système de production de Ford et de sa crise précoce, le deuxième des constructeurs automobiles qualifiés à tort d’ « artisanaux » que Ford n’a pas fait disparaître, le troisième de General Motors et Chrysler qui ont surpassé très vite Ford, le quatrième des modes de croissance nationaux de l’après-guerre qui ont été favorables ou non au développement de l’industrie automobile et aux différentes stratégies de profit des firmes.

La deuxième raison de la publication de ces textes est qu’ils ont constitué l’arrière-fond informatif et analytique de notre ouvrage Les modèles productifs. Les lecteurs de cet ouvrage trouveront dans ces textes les données historiques détaillées dont certaines seulement y ont été résumées.

La troisième raison est que le chantier que nous avons ouvert, Robert Boyer et moi-même, n’est pas fini, interrompu qu’il a été par d’incessantes urgences et prolongé qu’il est en outre par nos propres exigences. Nous voudrions en effet tout à la fois intégrer les recherches les plus récentes, effectuer les tests chiffrés de nos interprétations lorsque c’est possible, montrer comment les notions que nous avons présentées dans ]Les modèles productifs ont été progressivement élaborées au cours de la ré-interrogation de l’histoire de l’industrie et des salariés de l’automobile, et conclure en proposant une nouvelle représentation de cette histoire, qui a été tout sauf la succession de trois âges selon le récit canonique qui en est habituellement fait. Bref, il reste encore du travail. Mais l’enjeu en vaut la peine. Une date de fin étant difficile à fixer, il a paru donc prudent, en attendant, de publier les textes préparatoires.

Ces textes sont en outre plus longs, plus illustrés de figures, plus documentés en chiffres que ne pourra l’être l’ouvrage final, mais ils sont aussi moins riches en réflexions et conclusions que ne le sera ce dernier, comme nous l’espérons.

Son titre mérite une explication. Il est l’exacte inversion du titre du livre The Machine that Changed the World que nos collègues du MIT ont publié en 1990. Ils y affirmaient que le nouveau modèle productif qu’ils avaient théorisé à partir des pratiques des constructeurs japonais, la lean production, allait changer le monde, comme le modèle fordien l’aurait fait au début du siècle dernier. Les textes préparatoires à l’ouvrage projeté montrent d’ores et déjà qu’il en est allé autrement. Aucun modèle productif n’a pu émerger et s’affirmer sans les conditions sociétales qui l’autorisent.

Comme il était prévisible, la fréquentation du site a baissé en juillet. 60 visites quotidiennes en moyenne (1847 en un mois) au lieu de 74 en juin (2217). 38% des visites sont effectuées de France, 36% des Etats-Unis, 7% des autres pays de l’Union Européenne, le restant se dispersant dans de nombreux pays. Le nombre de textes téléchargés a baissé dans les mêmes proportions que le nombre de visites: 490 contre 620. 11% des visites ont duré plus de 5 minutes. 7% des visiteurs se sont inscrits pour pouvoir envoyer éventuellement des commentaires.

Bonnes vacances pour ceux qui ne sont pas encore partis. Le prochain éditorial sera publié le 1er octobre.